Que faire après un accident de trajet ?
Les démarches conditionnent directement l’indemnisation accident de trajet.
La victime doit :
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informer son employeur dans un délai de 24 heures ;
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permettre à l’employeur de déclarer l’accident à la CPAM dans les 48 heures ;
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conserver l’ensemble des preuves : certificat médical initial, arrêt de travail, constat, témoignages.
Le non-respect de ces formalités peut entraîner un refus ou un retard dans l’indemnisation accident de trajet, tant sur le plan social que sur le plan assurantiel.
Accident de trajet et accident du travail : quelles différences d’indemnisation ?
L’indemnisation accident de trajet obéit à un régime spécifique, distinct mais proche de celui de l’accident du travail.
Sur le plan de la sécurité sociale, l’accident de trajet est assimilé à un accident du travail pour l’ouverture des droits : prise en charge des soins, indemnités journalières, éventuelle rente ou indemnité en capital. En revanche, sur le plan de la responsabilité, une différence majeure subsiste.
Dans le cadre d’un accident du travail, la responsabilité de l’employeur est en principe couverte par le régime forfaitaire de la sécurité sociale, sauf faute inexcusable.
Dans le cadre de l’indemnisation accident de trajet, la responsabilité civile d’un tiers peut être recherchée, ce qui ouvre la voie à une indemnisation complémentaire en droit commun.
Cette distinction est fondamentale, car elle explique pourquoi l’indemnisation accident de trajet peut, dans certains cas, aboutir à une réparation plus complète que celle d’un accident du travail strict.
Un accident de trajet est juridiquement distinct d’un accident de la circulation, mais il peut cumuler les deux qualifications lorsque les conditions de la loi Badinter sont réunies.
Indemnisation accident de trajet par la sécurité sociale (CPAM)
Lorsqu’un accident de trajet est reconnu comme tel, l’indemnisation accident de trajet débute par l’intervention de la Sécurité sociale.
La CPAM agit en tant qu’organisme gestionnaire du régime, selon des règles proches de celles applicables aux accidents du travail.
Cette indemnisation repose sur un mécanisme forfaitaire, qui ne vise pas à réparer l’ensemble des préjudices subis par la victime, mais uniquement certains postes strictement encadrés par le Code de la sécurité sociale.
Prise en charge des frais médicaux par la CPAM
Dans le cadre de l’indemnisation accident de trajet par la Sécurité sociale, les frais de santé directement liés à l’accident sont pris en charge à 100 %, sur la base des tarifs conventionnels.
Sont notamment couverts :
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les consultations médicales ;
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les examens médicaux et d’imagerie ;
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les frais d’hospitalisation ;
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les actes chirurgicaux ;
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les soins de rééducation et de kinésithérapie ;
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les médicaments prescrits en lien direct avec l’accident.
Cette prise en charge ne signifie toutefois pas une absence totale de reste à charge. Les dépassements d’honoraires, certains frais non conventionnés ou prestations annexes peuvent demeurer partiellement à la charge de la victime.
Dès cette étape, l’indemnisation accident de trajet par la Sécurité sociale montre ses premières limites, en particulier pour les victimes nécessitant des soins prolongés ou spécialisés.
Indemnités journalières (IJ) accident de trajet versées par la Sécurité sociale
Lorsque l’accident de trajet entraîne un arrêt de travail médicalement prescrit, l’indemnisation accident de trajet prend la forme d’indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie, souvent désignées par les abréviations IJ accident de trajet ou IJSS accident de trajet, selon les règles applicables aux accidents du travail et de trajet.
Ces indemnités journalières (IJSS accident de trajet) :
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sont dues à compter du lendemain de l’accident, sans délai de carence ;
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visent à compenser partiellement la perte de salaire pendant la période d’incapacité temporaire ;
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sont calculées sur la base d’un salaire journalier de référence plafonné.
Le montant des IJSS accident de trajet est calculé selon les règles suivantes :
Ce mode de calcul, strictement encadré par la réglementation, implique que la rémunération antérieure n’est jamais intégralement compensée, en particulier lorsque le salaire dépasse les plafonds pris en compte par la Sécurité sociale.
Rôle de l’employeur et maintien de salaire en cas d’accident de trajet
En cas d’accident de trajet entraînant un arrêt de travail, l’indemnisation accident de trajet repose principalement sur le versement d’indemnités journalières de Sécurité sociale.
Toutefois, l’employeur peut être tenu d’intervenir au titre du maintien de salaire, selon des règles strictement encadrées.
En application du Code du travail, l’employeur n’est légalement tenu de verser une indemnité complémentaire qu’à compter du huitième jour d’arrêt de travail, sauf dispositions conventionnelles ou contractuelles plus favorables.
Ce maintien de salaire vient compléter les IJSS accident de trajet, vise à limiter la perte de revenus du salarié et est soumis à des conditions d’ancienneté et de justification de l’arrêt.
Dans de nombreuses situations, les conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient un maintien de salaire plus favorable, pouvant aller jusqu’à une rémunération proche du salaire habituel pendant une période déterminée.
À l’inverse, en l’absence de dispositions conventionnelles avantageuses, le salarié victime d’un accident de trajet peut subir une perte de revenus significative, les IJSS et le maintien légal minimal ne couvrant pas l’intégralité de la rémunération antérieure.
Incapacité permanente et indemnisation accident de trajet par la Sécurité sociale
Lorsque l’état de santé de la victime se stabilise avec des séquelles définitives, l’indemnisation accident de trajet versée par la Sécurité sociale prend la forme d’une réparation forfaitaire des séquelles.
Deux situations sont distinguées :
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si le taux d’incapacité permanente partielle est inférieur à 10 %, une indemnité en capital est versée ;
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si ce taux est égal ou supérieur à 10 %, une rente viagère est attribuée.
Le taux d’incapacité permanente est fixé par le médecin-conseil de la Sécurité sociale.
Cette évaluation repose principalement sur des critères médicaux et fonctionnels, sans toujours intégrer de manière fine les conséquences professionnelles, sociales ou personnelles propres à la situation de la victime.
C’est à ce stade que de nombreuses victimes prennent pleinement conscience du caractère forfaitaire de l’indemnisation accident de trajet par la Sécurité sociale, et de l’écart pouvant exister avec les préjudices réellement subis.
Carence et indemnisation accident de trajet
La question de l’indemnisation accident de trajet dès le premier jour d’arrêt est l’une des plus fréquemment posées par les victimes. Elle conditionne directement l’existence ou non d’une perte de salaire immédiate après l’accident.
En cas d’accident de trajet reconnu par la CPAM, l’indemnisation du premier jour d’arrêt obéit à des règles spécifiques, qui diffèrent selon qu’il s’agisse de l’intervention de la Sécurité sociale ou de celle de l’employeur.
Absence de carence pour les IJSS accident de trajet
Les indemnités journalières de Sécurité sociale sont versées sans délai de carence en cas d’accident de trajet.
Concrètement, cela signifie que l’indemnisation accident de trajet débute dès le lendemain de l’accident, dès lors qu’un arrêt de travail est médicalement prescrit.
Le jour de l’accident lui-même n’est pas indemnisé par des IJSS, mais il peut être pris en charge selon les règles de rémunération applicables par l’employeur.
Les IJSS accident de trajet sont donc dues :
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à compter du premier jour suivant l’accident ;
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sans application de délai de carence, contrairement à un arrêt maladie classique.
Source
Assurance Maladie – Indemnités journalières AT/MP
https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres/accident-travail-maladie-professionnelle
Carence applicable au maintien de salaire par l’employeur
Si les IJSS accident de trajet sont versées sans carence, le maintien de salaire par l’employeur obéit à une logique différente.
En application du Code du travail, l’employeur n’est tenu de verser une indemnité complémentaire qu’à compter du huitième jour d’arrêt de travail, sauf dispositions conventionnelles ou contractuelles plus favorables. Il existe donc, dans de nombreux cas, une période initiale durant laquelle seules les IJSS sont versées et aucun complément employeur n’est dû.
Source
Code du travail, article L.1226-1
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037388243/
Conséquences concrètes pour la victime
Cette différence de traitement entre la Sécurité sociale et l’employeur explique pourquoi l’indemnisation accident de trajet peut être incomplète dès les premiers jours d’arrêt.
En pratique :
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les salariés sans maintien conventionnel favorable subissent une perte de revenus immédiate ;
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les salariés à rémunération variable sont particulièrement exposés ;
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la confusion entre « absence de carence IJSS » et « absence de perte de salaire » est fréquente.